• Articles du Figaro et de La Tribune

    Bonjour à tous, 

    Voici une petite lecture que je vous suggère : deux articles extraits de la presse de droite de ces derniers jours et à lire, me semble-t-il, en parallèle. 

    Le premier, extrait du Figaro est intitulé "L'enseignement des langues régionales en question" ; et le second, extrait de La Tribune est titré "Le vrai coût d'un élève jusqu'au bac".

    Suite à l'article, le Figaro posait  la question suivante : "Faut-il réduire l'enseignement des langues régionales à l'école". Le vote s'est clos à la fin de la journée du 1er novembre, avec 9 596 votants : 61,32% de oui, pour 38,68% de non. 

    Cela se passe de commentaire ! Bonne lecture.

     

    Le Figaro

    L'enseignement des langues régionales en question

    Mots clés : Langues Régionales

    Par Marie-Estelle Pech, Nathalie Bougeard

    Mis à jour le 31/10/2011 à 22:45 | publié le 31/10/2011 à

     

    Luc Chatel a commandé un rapport sur un système au succès relatif. Sur le terrain, on constate ainsi que les élèves bretonnants ne peuvent se faire comprendre de leurs aînés. 

     

    Luc Chatel, le ministre de l'Éducation nationale, entend publier prochainement un rapport qui fera «mieux connaître la politique de l'État en faveur des langues régionales». Cette annonce fait suite à une proposition de loi examinée fin juin par des sénateurs socialistes. Après une initiative semblable de députés UMP en décembre 2010, ces derniers réclament un «vrai» cadre juridique pour l'enseignement des langues régionales, aujourd'hui laissé à l'appréciation des autorités académiques, affirment-ils. «Le gouvernement est défavorable à ce texte. Notre république ne craint pas les langues régionales, bien au contraire ; mais elle n'oublie pas que sa langue est le français, fondement de la vie commune», souligne le ministre, qui insiste sur «l'effort continu de l'État depuis des décennies».

    Record historique 

    Dans un récent rapport sur l'enseignement du breton, le linguiste et écrivain Fanch Broudic revient sur ces efforts. En 2009-2010, 13.560 élèves apprenaient cette langue régionale en France, un record historique, également observé pour d'autres langues (voir ci-dessous et infographie). Elle mobilise des moyens «humains, matériels et intellectuels considérables» de l'Éducation nationale : plus de 700 postes d'enseignants mobilisés, soit une dépense de 23 millions d'euros en 2010. Les Bretons se disent toujours favorables à 80 % à l'enseignement de cette langue. Mais ces chiffres masquent de sérieuses difficultés.

    Certes les 15-19 ans sont aujourd'hui 4 % à parler breton, contre 1 % en 1997, grâce à l'Éducation nationale, mais dans le même temps, le nombre de bretonnants a globalement diminué de 30 %. Les jeunes qui apprennent le breton dans un cadre scolaire ne comprennent par ailleurs pas forcément leurs aînés, le breton n'étant plus, sauf exception, la langue maternelle des enfants. Elle n'est plus non plus celle de leurs parents, ni même parfois des grands-parents. Le breton est devenu la «langue de l'école» et non plus de la société.

    C'est tout le problème de la distance entre la langue écrite apprise à l'école et la langue parlée. Pour le chercheur Mikael Madeg, le point faible du breton enseigné actuellement est sa prononciation : «Trop souvent, elle est calquée sur celle du français par laxisme ou ignorance.» Les écoliers appliquent les règles de liaison du français. Il est difficile de motiver des élèves à poursuivre l'étude de cette langue «quand leur grand-père leur répond que ce n'est pas le même breton», explique un enseignant. Pour favoriser les échanges oraux entre générations, le conseil général PS du Finistère a lancé il y a cinq ans l'opération «Quêteurs de mémoires».

    Autre difficulté, la motivation des parents pour inscrire leurs enfants dans une école bilingue tient davantage au bilinguisme qu'au breton. S'ils avaient eu le choix, beaucoup auraient choisi l'anglais. «C'est la gymnastique de l'esprit qui m'intéresse, que ce soit avec le chinois, l'anglais ou le breton », explique une mère. Les écoles bilingues ont par ailleurs la réputation d'être de bon niveau : à Nantes, c'est parfois l'évitement des classes Zep qui fait que l'on inscrit son enfant dans une école bilingue bretonne.

    La moitié des élèves ne poursuivent pas cet apprentissage au collège. Les parents craignent qu'il ne constitue un handicap par rapport à ceux qui suivent la filière classique. Les mathématiques ou l'histoire de l'Égypte en breton laissent des parents perplexes et les amènent à retirer leurs enfants de l'enseignement bilingue.

    Même au lycée Diwan de Carhaix qui prône l'immersion totale en breton, les adolescents au retour d'un week-end utilisent davantage le français. Il faut parfois apposer des affiches «Komzit brezhoneg» («parlez breton») aux murs !

    Deux enquêtes menées dans des lycées de Carhaix et Brest montrent à quel point les opinions négatives sur la langue l'emportent parmi les jeunes. Si une forte majorité admet que c'est la langue de la Bretagne, le pourcentage de ceux qui estiment utile de l'apprendre est très faible. «Or ces lycéens sont les parents de demain», souligne l'auteur, qui propose de créer des classes bilangues anglais-breton ou encore de recruter du personnel bretonnant dans les garderies…

    Occitan et alsacien mal compris

    Aurélie, 42 ans, a décidé d'inscrire sa fille dans une école bilingue en occitan de Toulouse, même si ni ses parents ni elle-même ne parlent cette langue avec ses grands-parents d'Ariège. «J'ai surtout été attirée par la pédagogie Freinet de cet établissement. Et connaître un peu la langue d'oc quand on habite à Toulouse, c'est intéressant sur un plan culturel», estime cette avocate.

    «Honte de parler patois»

    Le décalage entre la langue écrite et la langue parlée existant en Bretagne est comparable à celui de l'occitan : comment combiner une langue codifiée dans les années 1950 avec les six formes existantes, l'auvergnat, le gascon, le languedocien, le limousin, le provençal, le vivaro-alpin ? En Provence ou en Auvergne, on ne parle pas exactement la même langue. Pour Marie-Jeanne Verny, maître de conférences en occitan à l'université de Montpellier, «on demande désormais aux professeurs de faire comprendre aux enfants qu'il existe différentes formes d'occitan parlé ».

    Enfants et chercheurs vont collecter la mémoire et la langue, dans l'Aveyron, l'Ariège et les Hautes-Pyrénées. Toutefois, «il ne faut pas imaginer que l'on puisse réconcilier le petit-fils et son grand-père qui a toujours honte de parler patois parce qu'on lui a appris que c'était plouc», estime cette enseignante qui déplore aussi la disparition de l'accent régional dans les jeunes générations. Il n'est pas toujours facile pour un jeune professeur d'enseigner l'occitan dans une zone géographique différente de son parler naturel «mais en dépit de ces différences, tout le monde se comprend à peu près », dit-elle.

    La situation est paradoxale en Alsace où la forme écrite du dialecte est l'allemand. De fait, les cours de «langue et culture régionale» sont bien davantage dispensés en allemand ou en français qu'en alsacien. Alors que les deux tiers des jeunes qui y sont accueillis comprennent l'alsacien, «les enseignants eux-mêmes manquent d'assurance dans ce domaine », affirment Daniel Moren et Armand Zimmer de l'association des professeurs pour l'enseignement bilingue*. M.-E. P.

    * «L'enseignement des langues régionales en France», revue Tréma n°31, 2009.

    Apprendre le breton académique à l'université Rennes-II

    Les étudiants de deuxième année de licence de culture bretonne sortent de cours sur le campus de Rennes-II. Ici, tout le monde parle breton dès que c'est possible. La vingtaine d'inscrits a fait ses études dans le système immersif ou en classe bilingue. «Lorsque je discute avec mon père qui a appris le breton à l'oreille en cachette, explique cependant Camille, je ne le comprends pas. La plupart du temps, les néobretonnants calquent trop leur syntaxe sur le modèle français ; d'où les incompréhensions.»

    Ses condisciples protestent : selon eux, apprendre le breton académique permet d'échanger avec tout le monde. Gweltas tempère : «Nous avons appris une langue scolaire. Mais sa richesse, c'est avant tout beaucoup d'images, d'expressions et un accent particulier. Il est important que cela ne se perde pas.» Ainsi, la langue parlée à Quimper est-elle différente de celle de Vannes. «Comme toutes les langues minoritaires, le breton a eu tendance à se dialectiser. Aussi, pour l'enseigner, a-t-il fallu passer par une standardisation», explique Ronan Le Coadic, professeur à Rennes-II.

    Lexique du Trégor 

    La directrice du groupe scolaire Diwan de Rennes estime que «les différentes variantes sont en train de se perdre, notamment dans la région rennaise où, historiquement, le breton n'était pas parlé. Mais l'an passé, nous avons eu un collègue remplaçant, originaire du Trégor. Il a enrichi mon lexique». Il serait urgent que les jeunes aillent à la rencontre des plus anciens. Reste qu'avec un nombre de locuteurs passés sous la barre des deux cent mille il y a trois ans, ces échanges vont se raréfier. Une grande partie des bretonnants a plus de soixante ans.

    Ana Sohier, jeune conseillère municipale de Rennes et néobretonnante, est moins inquiète : «Je parle le breton avec un sacré accent français et je le regrette mais c'est normal car ma langue maternelle est le français. Admettre l'évolution constitue certainement le meilleur rempart contre une éventuelle coupure entre le breton d'avant et celui d'aujourd'hui.»

    La Tribune

    EDUCATION - 28/10/2011 | 15:36 - 346 mots

    Le vrai coût d'un élève jusqu'au bac

     

    Passer une quinzaine d'années sur les bancs de l'école, cela a un coût. En France, l'addition est un peu plus salée que dans le reste des pays de l'OCDE mais loin derrière certains de nos voisins. Découvrez les pays où les frais de scolarité jusqu'à la fin du secondaire sont les plus chers.



    111.300 euros. Voilà ce qu'auront déboursé en moyenne Etat, collectivités territoriales, familles et entreprises pour qu'un élève français atteigne le niveau baccalauréat en 2009. Pour parvenir au niveau Master, en 20 ans si tout se passe bien, il faudra compter 162.400 euros. Le secondaire reste le niveau le plus cher, il capte 41% des dépenses totales contre 31% pour le supérieur et 28% en primaire.

    Ces montants, indiqués dans une note d'information du ministère de l'Education nationale publiée ce jeudi empilent pêle-mêle salaire des professeurs, frais de fonctionnement des établissements publics ou privés, fournitures diverses, transports ou encore cours particuliers.

    Le Luxembourg, premier de la classe

    D'autres pays dépensent bien plus que la France. Selon des données fournies par l'OCDE dans son rapport "Regards sur l'éducation", un élève luxembourgeois coûte deux fois plus cher qu'un français. La scolarité de ce dernier coûte 96.823 dollars en parité de pouvoir d'achat (68.552 euros) tandis qu'au Luxembourg, la dépense totale atteint 209.407 dollars (14.8263 euros).

    Suisses et Norvégiens mettent aussi la main à la poche avec respectivement 147.756 et 140.660 dollars par tête pour finir ses études secondaires dans les temps.

    Les collectivités cassent leur tirelire

    En prenant en compte les différences de parcours selon les pays, atteindre un niveau équivalent au bac coûte en moyenne 94.589 dollars dans l'ensemble des pays de l'OCDE. Ce sont les collectivités locales qui supportent une bonne partie de la facture en prenant à leur charge la moitié des dépenses en moyenne.

    Une fois encore, les situations diffèrent selon la politique éducative et économique de chaque pays. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Corée du Sud et le Japon sont ainsi ceux qui dépensent le moins d'argent public pour l'éducation. A l'inverse, en France et en Italie 90% des dépenses sont prises en charge par l'Etat et les collectivités locales, avec une part bien plus importante de ces dernières en France, surtout depuis les lois de décentralisation.

    Bien entendu, ces chiffres reflètent uniquement les dépenses liées à la formation, sans juger de la qualité de cette dernière. Ce n'est pas parce que les études coûtent cher qu'elles sont de qualité, et vice-versa.

    Marina Torre - 28/10/2011, 15:36  


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