• Réponse du Recteur de Guadeloupe

    Voici la réponse adressée à la responsable de la formation créole par le Recteur. 

    Réponse du Recteur de Guadeloupe


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    1
    Esimski Profil de Esimski
    Jeudi 10 Novembre 2011 à 18:13

    Magnifique technique de "noyade de poisson" (une recette locale que je connaissais pas encore) !

    Si l'on comprend bien, la décision du Rectorat est donc justifiée voire juste (ou équitable ? il faudrait que l'on s'entende sur le sens des mots) et elle découle implacablement (elle n'est donc pas le fruit d'une décision purement politique et comptable. Elle n'est que la conséquence d'une situation dont le Rectorat n'est absolument pas responsable...) de trois causes premières parfaitement ridicules, odieuses, cyniques (voire sophistiques) et méprisantes. 

    A savoir : 


    1°)  Cette décision découle d'abord d'un manque d'étudiants candidats en LVR. 

    Cynisme !

    Un manque que de telles décisions d'annulation de concours (sans crier gare !) ou d'attribution d'un nombre - d'un chiffre devrait-on dire ! - aussi petit de postes ne dissuadent évidemment pas les étudiants de poursuivre dans la voie LVR.C'est évident, voyons !

    La politique du Rectorat n'est-elle un monument de clarté et de cohérence : "je te sors l'argument des programmes dans les IO et je t'annule le concours", n'est-ce pas logique ? Une telle insécurité ne nuit évidemment pas à la création d'un réservoir conséquent de candidats ni au projet d'étudiants réellement motivés (à bac+5, on mesure un peu la motivation quand même !). 

    Ce n'est donc même pas la faute du Rectorat. Na!

    La faute revient aux étudiants qui ne se reproduisent pas assez vite.Ou plutôt, la faute revient aux formateurs qui ne sont pas assez "attirants" pour permettre cette multiplication d'étudiants comme des petits pains ou de la brioche en d'autres temps !( Que l'on me pardonne ces métaphores biologiques et /ou historiques, mais chassez le naturel...) 

    2°) Cette décision découle ensuite - "Malheureusement ! mais c'est la crise mon pauvre monsieur !" - d'un si petit nombre de postes mis aux concours en général qu'il justifie l'annulation pure et simple du concours LVR.

    Sophisme ! 

    Car, si l'on poursuit dans la même logique, les Rectorats de France, de Navarre et "d'ailleurs" devraient annuler tous les concours auxquels le nombre de candidats inscrits ne serait pas énormément disproportionné par rapport au nombre de postes proposés. Pourquoi alors ne pas carrément faire un seul concours avec seulement un poste afin de pouvoir fermer tous les autres, partout, sans recours ? La logique est imparable. Je pense que les Recteurs de France vont regarder ce précédent avec intérêt.

    Annulons tous les concours de recrutement où le nombre de candidats est insuffisant ! Comme certaines agrégations de langues rares...  mais aussi les concours d'IA-IPR ! (voir ci-dessous).

    Je pense que nos responsables y songent de manière évidente : voilà comment justifier la fermeture de tous les "petits concours" dans les années qui viennent. Autant dire que cet argument va resservir très vite ! 

    Préparez-vous à n'avoir plus que des certifications de LVR à faire passer (sans réelle formation bien sûr).

    (d'ailleurs, c'est la piste de réponse n°2 de la lettre du Rectorat... c'est clair non ?)  

    Adieu les concours ! Nous serons recruté sans doute sur entretien ou sur dossier dans une transparence totale.Comme l'ex-futur directeur de l'EPAD par exemple. 

    3°) Cette décision découle enfin - parait-il ! - d'un sens aigüe de l'équité du Rectorat.Car le Rectorat ne plaisante pas avec l'équité !

    Mépris !

     Oui, il faut surtout y voir un mépris complet pour les étudiants de LVR car elle sous entend qu'ils n'ont pas un niveau correct pour passer un concours. En effet, comment justifier aux yeux des candidats du concours CRPE "monolingue" qu'un poste soit donné au CRPE "bilingue" (ou LVR) pour 7 "misérables" candidats ?  Avec 13 places en "monolingue", ce concours paraît forcément plus difficile, plus discriminant, plus exigeant.   Mais faut-il justifier dorénavant le nombre de postes à tous les concours par des règles "d'équité" de ce genre ? N'est-ce pas le principe même d'un concours qui est remis en cause ? Ce principe tient à peu de choses :  prendre les meilleurs. Ah, vieille méritocratie républicaine... c'est bien à toi qu'on en veut finalement ! Il est vrai que l'on ne devient pas Recteur par concours... Or :  les concours sont indépendants et établis en fonction des besoins en enseignants ! 

    L'attaque du Rectorat est donc passablement odieuse car elle remet en cause (a priori !!! ) le niveau des candidats au concours "bilingue". Si les rares candidats (comme dans toutes les langues minorisées de France) sont de bon niveau, pourquoi les empêcher de passer un concours ? Parce que - dans l'esprit du Rectorat - ils ne le sont pas assez pour justifier que l'on choisisse ne serait-ce qu'un seul d'entre eux (sur 7, sur 12, sur 35, peu importe finalement !).  

    Que je sache (et je le sais !) les concours d'IA-IPR et d'IEN se font avec des nombres de candidats parfaitement en deca de la règle qui vient d'être édictée par le Rectorat de Guadeloupe :  à savoir (par exemple) 6 candidats à l'admissibilité et 5 candidats à l'admission pour 5 postes... qui seront tous pourvus en fin de compte. Mais, j'oubliais (où ai-je la tête ?), tous les candidats aux concours d'Inspecteur sont forcément d'excellent niveau !  

    Alors, dernière vilénie et ineptie ridicule du Rectorat : la crainte... mais de quoi ? D'un recours des étudiants candidats au concours CRPE monolingue parce qu'un poste leur aurait été volé par les "bilingues" ? Où d'ailleurs porté plainte pour cette "inéquité" que le Rectorat, dans sa grande prévoyance, a anticipé ? Dans quel tribunal ? Pour quel motif précis ?  

    C'est ridicule !

    Mais cela montre aussi la volonté de diviser pour mieux régner puisqu'il n'y a pas concurrence entre les deux concours !!!

    Les enseignants recrutés ne le sont pas sur les mêmes postes et que je sache il faut bien des enseignants devant les élèves en fonction des besoins relevés (en classes monolingues et en classes bilingues).C'est donc qu'il n'y a aucun besoin en bilingue cette année ? Ou est-ce qu'on se moque de ces besoins ? Je crains d'avoir la réponse...     


    Le recours à l'argument de l'équité cache parfois des manoeuvres répugnantes. Equité n'est ni égalité et encore moins justice, et surtout pas honnêteté. Sinon, on n'aurait pas inventé ce mot fourre-tout qui sert de paravent à toutes les médiocrités actuelles 

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