La question des langues de France dans la campagne présidentielle : des paroles et des actes…Le Réseau des Langues et Cultures de France constate, pour s'en réjouir, que la question des langues et cultures de France occupe une place inédite dans la campagne électorale en cours. On peut remarquer que, à l'exception du Front national, qui ne peut supporter aucune autre langue que l'officielle, pas plus les autres langues de France que celles de l'immigration, toutes les forces politiques ne manquent pas de les saluer avantageusement. Il se trouve que l'admiration enthousiaste du candidat Sarkozy ne peut faire oublier, ni les promesses non tenues d'une loi à leur sujet, ni la suppression de 75 % des postes mis au concours pour l'enseignement secondaire de ses langues entre 2002 et 2012, par la majorité de droite, qu'il a lui même conduite depuis 5 ans.
Le Réseau des Langues et Cultures de France apprécie les protestations d'élus socialistes sur ces déclarations, tout en constatant qu'elle prennent soin de ne pas évoquer cette question des suppressions de postes. Il est vrai que prôner, comme le fait aussi EELV et le MODEM, des économies massives pour rester dans les critères européens, rend difficile de s'engager concrètement sur le sujet. Nous rappelons ci- dessous la position sans ambiguïté du Front de gauche :
Le Front de Gauche entend promouvoir en France et dans le monde la diversité culturelle, dont un des fondements concerne la reconnaissance de la richesse que représente la diversité des langues et des cultures. Ce sont des vecteurs populaires d’échanges sans égal dans un monde avec plusieurs milliers de langues et seulement moins de deux cents Etats. Les langues en effet, contrairement à d’autres pratiques sociales, ne s’excluent pas, et le monolinguisme est un handicap qu’il s’agira de faire reculer, sur la base d’une donnée de fond : il n’y a pas en soi de langue inférieure ou supérieure à une autre. La situation française avec une seule langue officielle commune ne saurait pour autant conduire à des pratiques d’exclusion par la langue que manifestent les projets officiels et ceux de l’extrême-droite, par exemple pour acquérir la nationalité française.
Conscient de ses responsabilités pour préserver les richesses de la diversité culturelle qui constitue le patrimoine de l’humanité, menacé par le rouleau compresseur de l’uniformisation liée à l’impérialisme culturel anglo-saxon, la France doit s’engager à mettre en œuvre un programme de défense et de promotion de toutes les autres langues et cultures, en particulier celles qui sont en danger, au sens des recommandations de l’UNESCO. C’est le cas pour la plupart des quelques soixante-quinze langues repérées sur son territoire (dont le plus grand nombre dans les DOM-TOM). C’est le meilleur moyen de combattre les repliements communautaristes qui favorisent la xénophobie en instrumentant les langues et les cultures.
Il relève des obligations de l’Etat de proposer une offre généralisée d’enseignement en matière de langues et de cultures, et de soutien à la création et à la diffusion culturelles qui tiennent compte de la géographie et de l’histoire de ses territoires, en coordination avec les différentes collectivités locales : régions, départements, communes. A cet effet, la Délégation générale à la langue française et aux langues de France verra ses moyens renforcés. Elle sera mise en relation directe avec un Haut conseil aux langues et cultures de France qui sera institué avec la représentation des différents groupes linguistiques, y compris les langues issus de l’immigration et de celles sans territoires Un plan de promotion des Langues et des Cultures de France sera présenté pour chaque législature au Parlement, en vue de permettre une présence renforcée dans la vie sociale de cette diversité culturelle, en particulier dans les médias, en redéfinissant leur cahier des charges.
Une nouvelle loi mettra à jour la loi Deixonne de 1951, autorisant l’apprentissage des langues régionales dans l’enseignement public, et le Front de Gauche s’engage d’ores et déjà pour en rédiger le projet, en s’adressant aux différents partenaires et associations linguistiques et culturels.
Le Front de Gauche, dans sa volonté de refonder une Europe au service des peuples, intègrera les langues et cultures de France comme moyens d’ouverture sur nos voisins européens, en proposant de réviser tant sa constitution que la Charte européenne des langues, pour en permettre sa signature.
Pour information :
Déclarations de Sarkozy à Marseille, ce dimanche 19 février :[…]Je n’ai jamais été et je n’ai pas changé et je ne changerai pas pourl’immigration zéro qui pour un pays comme la France n’a tout simplementpas de sens. Mais refuser tout contrôle, récuser l’immigration choisielaissant ainsi la porte ouverte à l’immigration subie, c’est irresponsable etc’est moralement condamnable.Mes chers amis, rien n’est pire que la bonne conscience qui ne veut pasregarder en face les conséquences de ce qu’elle réclame. Régularisermassivement, ouvrir les vannes, ce n’est ni plus ni moins qu’une faute.Quand on aime la France, on ne réduit pas la nationalité française à uneadresse et on ne prend pas le risque du vote communautaire qui feraitpeser sur les élus locaux une pression communautariste immense et voleren éclat notre pacte républicain.Quand on aime la France, on veut que la France soit maitresse de sondestin et maîtresse chez elle.Quand on aime la France, on ne propose pas de ratifier la charte deslangues régionales et minoritaires qui n’a pas pour but de faire vivre leslangues régionales mais de reconnaitre des droits linguistiques à toutesles minorités et de les placer sous le contrôle d’une Cour européenne quijugera sans tenir compte de notre histoire nationale et de notre traditionrépublicaine.C’est le communautarisme qui est au bout du chemin et pas la défensed’un magnifique patrimoine de langues et de cultures qui font la richessede notre pays.Je veux défendre ce patrimoine. Je veux m’opposer à toute dérivecommunautariste parce que cette dérive ruinerait des siècles d’efforts etde sacrifices pour nous construire un État, une Nation, une Républiquedont nous pouvons être fiers et dont nous tirons notre force et notreintelligence collectives.[…]PEU APRES CE DISCOURS, CERTAINS QUI ONT PROTESTE (JUNG et URVOEAS par exemple)
N'ONT PAS MANQUE DE S'ABSTENIRSUR LA RATIFICATION DU TRAITE INSTITUANT LE MECANISME EUROPEEN DE STABILITE...
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Pour changer un peu, nous vous proposons une vidéo émouvante et poignante en souvenir
de la Grève des mineurs de Decazeville...
visible sur le site
http://mescladis.fr/
Celle que nous vous proposons est la seconde, mais rien n'empêche de s'attarder sur la première